Restaurant The NoMad
ce qu’il reste vraiment de ce nom
Un quartier de Manhattan, une marque d’hôtels, plusieurs villes et une table célèbre qui a fermé sans que le web s’en aperçoive.
« The NoMad » désigne à la fois un quartier de Manhattan, une marque d’hôtels et les restaurants qui les occupaient. La table qui a rendu ce nom célèbre, ouverte à New York en 2012 sous la direction de Daniel Humm et Will Guidara, n’existe plus : le chef s’est séparé du groupe hôtelier en janvier 2020 et l’hôtel a fermé peu après. Le nom subsiste ailleurs, notamment à Londres, mais avec une équipe et une cuisine différentes.
- New York : la salle historique de Broadway est fermée, le bâtiment est occupé par un autre groupe hôtelier.
- Londres : la seule adresse NoMad facilement accessible depuis la France, mais la grande salle a changé de nom et de carte.
- Le plat signature : un poulet rôti pour deux, farci de brioche, foie gras et truffe noire — un repère de datation, pas une suggestion.
- Avant de réserver : vérifiez le nom du chef en poste et la date réelle du texte que vous lisez, pas celle affichée en haut de page.
Le même nom pour plusieurs maisons
Tapez « restaurant the nomad » et vous tomberez sur des pages qui ne parlent pas toutes du même endroit. C’est normal : le mot désigne au moins trois choses différentes à New York, et la marque a essaimé ensuite.
NoMad, d’abord, c’est un quartier de Manhattan. Le raccourci vient de North of Madison Square Park : la zone commence au nord du parc et remonte vers Herald Square, autour de Broadway et de la 28e rue. Un quartier d’immeubles Beaux-Arts redevenu très attractif dans les années 2010.
NoMad, ensuite, c’est un groupe d’hôtels qui a emprunté le nom du quartier. Il y en a eu à New York, à Los Angeles, à Las Vegas, puis à Londres.
NoMad, enfin, c’est le restaurant qui occupait ces hôtels. Et c’est celui de New York, ouvert en 2012, qui a fait la réputation du nom. Le problème, c’est qu’il n’existe plus. Une bonne partie des pages qui remontent encore aujourd’hui décrivent une salle où personne ne peut plus dîner.
New York, la table qui a fait le nom
L’hôtel s’installe en 2012 dans un immeuble Beaux-Arts du début du XXe siècle, sur Broadway, en plein cœur du quartier. La table est confiée à un duo qui tient alors le haut du pavé new-yorkais : le chef suisse Daniel Humm et le restaurateur Will Guidara, déjà aux commandes d’Eleven Madison Park, quelques rues plus au sud.
L’idée était simple et c’est ce qui a séduit : prendre la précision d’une grande maison et la servir dans un cadre où l’on peut venir en jean. Une cuisine sérieuse, une salle qui ne l’est pas trop. Le NoMad décroche une étoile et devient assez vite une de ces adresses que l’on recommande sans hésiter à qui découvre la ville.
C’est cette version-là que racontent les blogs, les récits de voyage et les fiches d’annuaire encore en ligne. Si vous lisez un texte enthousiaste sur « le NoMad », regardez à quelle époque il a été écrit : il y a de fortes chances qu’il date d’entre 2013 et 2019.
Le poulet rôti pour deux, plat signature
Un plat a fait plus pour la réputation de la maison que tout le reste : le poulet rôti pour deux.
Sur le papier, c’est un poulet fermier. Dans l’assiette, c’est autre chose. La volaille était farcie sous la peau d’un mélange de brioche, de foie gras et de truffe noire, puis rôtie entière et présentée en salle avant d’être découpée. Les convives de l’époque racontent un service en deux temps, la découpe d’abord, une seconde préparation ensuite. Un plat de partage, spectaculaire, et suffisamment identifiable pour devenir un signe de reconnaissance.
Si un article parle de ce poulet au présent, il décrit forcément la période antérieure à 2020. C’est le repère de datation le plus fiable sur ce sujet.
Pourquoi la salle new-yorkaise a fermé
Le point de bascule se situe en janvier 2020. Daniel Humm annonce la fin de sa collaboration avec le groupe propriétaire des hôtels NoMad. La rupture concerne d’un coup les trois adresses américaines : New York, Los Angeles et Las Vegas. Le chef et son équipe se retirent, l’exploitation des restaurants passe côté hôtelier.
Les mois qui suivent n’arrangent rien. La fermeture des salles pendant la crise sanitaire fragilise l’ensemble, et l’hôtel new-yorkais finit par baisser le rideau. La table historique n’a pas rouvert.
Le bâtiment de Broadway, lui, n’est pas resté vide. Il a été repris par un autre groupe hôtelier et fonctionne depuis sous une autre enseigne, avec ses propres restaurants — dont une trattoria italienne qui n’a aucun rapport avec la cuisine servie à l’époque. Même adresse, même escalier, autre maison.
Une adresse qui continue de tourner n’est pas la preuve qu’un restaurant a survécu.
Apolline Barat
Ce qui porte encore le nom aujourd’hui
Une seule adresse NoMad reste facilement accessible depuis l’Europe : celle de Londres. Les autres sont américaines, et leur statut a beaucoup bougé.
L’hôtel londonien occupe l’ancien tribunal de Bow Street, à deux pas de l’Opéra royal, un bâtiment du XVIIIe siècle où ont défilé quelques procès célèbres. La salle principale est installée dans la cour intérieure, couverte d’une verrière et débordante de plantes : c’est probablement l’une des plus belles pièces où l’on mange à Londres. Là encore, attention au nom. Cette grande salle a été rebaptisée et repositionnée. On y sert désormais une carte de brasserie américaine — bar à fruits de mer, grosses pièces de viande à partager, une longue liste de martinis. Ce n’est plus le registre du NoMad new-yorkais. Le décor, en revanche, tient toutes ses promesses.
À Las Vegas, l’établissement occupe les étages supérieurs d’un grand hôtel du Strip depuis 2018. Depuis le départ de l’équipe fondatrice, il est exploité par le groupe propriétaire du casino, et l’offre de restauration n’y est plus celle d’origine. Los Angeles, ouvert la même année, est resté à l’arrêt.
| Ville | La table d’origine | Où ça en est |
|---|---|---|
| New York | Ouverte en 2012 sur Broadway, cuisine signée Daniel Humm | Hôtel fermé, bâtiment repris par un autre groupe et ses propres restaurants |
| Londres | Arrivée plus tard, dans l’ancien tribunal de Bow Street | Hôtel en activité, grande salle rebaptisée, carte de brasserie américaine |
| Las Vegas | Ouverte en 2018 dans un hôtel du Strip | Exploitée par le groupe propriétaire du casino |
| Los Angeles | Ouverte en 2018 | À l’arrêt |
Vérifier avant de réserver une table mythique
Le cas NoMad dépasse largement le NoMad. Dès qu’une adresse est devenue célèbre, elle laisse derrière elle une traînée de pages qui ne sont jamais mises à jour. Quatre contrôles suffisent à ne pas s’y perdre.
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Datez le texte par ce qu’il raconte
La date affichée en haut de page ne veut pas dire grand-chose : un article de 2015 remis en avant reste un article de 2015. Fiez-vous plutôt aux faits cités. Un texte qui parle du chef fondateur au présent décrit une situation antérieure à son départ.
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Cherchez le nom du chef en poste
Dans la restauration haut de gamme, un changement de chef modifie tout, de la carte au service. Cette information se trouve sur la page de l’établissement, pas sur les plateformes d’avis, qui gardent longtemps l’ancienne équipe en vitrine.
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Ouvrez le site officiel plutôt qu’un annuaire
Les fiches d’annuaire survivent aux fermetures, menus et photos compris. Si la page de réservation officielle n’affiche plus aucune date disponible, ce n’est pas un bug.
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Méfiez-vous des noms de quartier
Une enseigne qui porte le nom d’un quartier se duplique facilement. Un restaurant appelé Nomad à Bruxelles, à Melbourne ou à Paris n’a probablement aucun lien avec l’histoire racontée ici.
Le restaurant The NoMad de New York est-il encore ouvert ?
Non. Si vous cherchez l’adresse de Broadway aujourd’hui, vous tomberez sur un hôtel en activité — mais exploité par un autre groupe, avec d’autres restaurants et une autre cuisine. Le bâtiment fonctionne, la table qui a fait le nom, non.
Qui était le chef du NoMad ?
Daniel Humm, chef suisse alors à la tête d’Eleven Madison Park, associé au restaurateur Will Guidara. Le duo signait la cuisine des NoMad de New York, Los Angeles et Las Vegas jusqu’à la rupture de janvier 2020.
Quel était le plat célèbre du NoMad ?
Le poulet rôti pour deux, farci sous la peau de brioche, de foie gras et de truffe noire. Il n’a jamais été repris ailleurs sous cette forme : le retrouver sur une carte actuelle serait le signe qu’on vous décrit un autre établissement, ou une page qui n’a pas bougé depuis dix ans.
Peut-on encore dîner dans un restaurant NoMad ?
Oui, mais pas dans celui qui a fait la réputation du nom. L’hôtel NoMad de Londres, installé dans l’ancien tribunal de Bow Street à Covent Garden, accueille toujours une grande salle sous verrière, rebaptisée depuis. À Las Vegas, l’établissement est exploité par le groupe propriétaire du casino.
NoMad, c’est un restaurant ou un quartier ?
Les deux, et c’est la source principale de confusion. Une recherche géolocalisée sur ce mot fait remonter des dizaines de tables situées dans le quartier NoMad de Manhattan, qui n’ont aucun rapport entre elles ni avec l’hôtel. Pour isoler l’établissement, ajoutez le nom de la ville visée.
Comment vérifier qu’un restaurant célèbre est toujours le même ?
Datez le texte par les faits qu’il cite plutôt que par sa date affichée, cherchez le nom du chef actuellement en poste sur le site de la maison, et considérez qu’un plat signature disparu de la carte officielle est un signal net.
Un nom de restaurant voyage plus vite qu’une salle : c’est ce décalage, plus que la fermeture elle-même, qui piège les voyageurs.