Boisson de Wimbledon
le Pimm’s Cup et ses deux voisines
Un long drink au concombre, une eau d’orge née dans les vestiaires, un champagne officiel : ce qu’on boit vraiment au tournoi, et comment le refaire ici.
La boisson emblématique de Wimbledon est le Pimm’s Cup : une part de Pimm’s No. 1 pour trois parts de limonade, sur glace, avec concombre, menthe, orange et fraise. Deux autres boissons appartiennent au tournoi, le barley water servi aux joueurs depuis 1935 et le champagne, fourni officiellement depuis 1977.
- Les proportions : 5 cl de Pimm’s pour 15 cl de limonade dans un verre haut rempli de glace.
- Le faux ami : « lemonade » désigne une limonade gazeuse, jamais une citronnade au jus de citron.
- La garniture : concombre, menthe froissée, orange et fraise — le concombre coupe la douceur de la liqueur.
- Sans Pimm’s : gin, vermouth rouge et liqueur d’orange donnent un cousin honnête, pas un équivalent.
- Sans alcool : le barley water maison, orge perlé, sucre et citron, est la boisson historique du tournoi.
Ce qu’on boit à Wimbledon
le Pimm’s, et deux autres traditions
La réponse tient en un mot : Pimm’s. Plus précisément un Pimm’s Cup, ce long drink orangé rempli de concombre, de menthe et de fruits, qu’on sert sur le site du tournoi dans des gobelets hauts et qui accompagne les fraises à la crème depuis des décennies. Un bar dédié y est installé depuis le milieu des années 1970, et la boisson est devenue au fil du temps l’un des marqueurs du tournoi, au même titre que le gazon ou la tenue blanche.
Deux autres boissons appartiennent pourtant au décor. Le barley water, cette eau d’orge citronnée que des générations de joueurs ont bue sur les bancs, a accompagné le tournoi pendant quatre-vingt-six ans. Et le champagne, servi dans les loges et les allées, a son fournisseur officiel depuis 1977. Trois boissons, trois registres : un cocktail long et fruité pour le public, une boisson de récupération pour les joueurs, une bouteille de fête pour les tribunes.
Le Pimm’s, ce que c’est vraiment
Première confusion à lever : le Pimm’s est à la fois une bouteille et un cocktail. La bouteille s’appelle Pimm’s No. 1 Cup ; le verre qu’on prépare avec s’appelle Pimm’s Cup. Les deux noms se ressemblent, mais on n’achète pas un cocktail tout prêt.
Dans la bouteille, une liqueur à base de gin, aromatisée aux plantes, aux épices et aux fruits, créée à Londres en 1840 par James Pimm, tenancier d’un bar à huîtres. Elle était vendue à l’origine comme une tonique digestive servie en petit gobelet — d’où le mot cup, qui désignait le contenant avant de désigner la recette. Le succès a fait le reste : la maison a embouteillé sa préparation et le nom est resté.
Au goût, c’est une liqueur douce-amère, très colorée, avec des notes d’agrume, de caramel léger et un fond d’herbes qu’on identifie mal à la première gorgée. Elle titre autour de 25 % vol., ce qui est modeste pour une bouteille de spiritueux et considérable pour une boisson qu’on avale par verre haut. Elle n’est pas faite pour être bue pure : concentrée, elle est sirupeuse et son amertume prend toute la place. Allongée, elle devient ce qu’elle doit être — une base souple qui laisse passer les fruits et les herbes.
Le numéro de la bouteille intrigue souvent. Il renvoie à la base alcoolique : le No. 1 est bâti sur le gin, et la maison a produit au fil du temps d’autres numéros sur d’autres bases — brandy, whisky, rhum, vodka — dont une partie seulement subsiste. Sur le site du tournoi comme en rayon, c’est le No. 1 que vous trouverez, et c’est celui que toutes les recettes désignent quand elles écrivent simplement « Pimm’s ».
C’est aussi ce qui explique le concombre, qui étonne toujours en France. Le concombre n’apporte pas de goût à proprement parler : il apporte de la fraîcheur végétale et coupe la douceur de la liqueur. Retirez-le, le verre devient nettement plus sucré et perd son équilibre. Gardez-le, et vous comprenez pourquoi il figure dans toutes les versions sérieuses.
La recette du Pimm’s Cup et le piège de la limonade
Les proportions de référence tiennent en un rapport simple : une part de Pimm’s pour trois parts de limonade. Certains bars anglais descendent à un pour deux, ce qui donne un verre plus marqué ; un pour trois reste le point d’équilibre le plus sûr pour une longue après-midi. La garniture, elle, n’est pas décorative : elle infuse pendant que le verre se boit, et le goût évolue du début à la fin — c’est précisément l’intérêt du format.
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Remplir le verre de glace
Un verre haut, type tumbler, rempli jusqu’au bord de glaçons volumineux et bien pris. Ils fondent lentement et gardent le verre à sa dilution d’origine pendant une bonne demi-heure. Des glaçons fins transforment le cocktail en eau parfumée en dix minutes.
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Verser 5 cl de Pimm’s
L’alcool avant la limonade, jamais l’inverse : versé en premier sur la glace, il se refroidit pendant que vous préparez la suite.
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Compléter avec 15 cl de limonade
Lentement, le long de la paroi, pour garder les bulles. Une limonade sèche, peu sucrée et bien pétillante. Un tonic donne une version plus amère, un ginger ale une version plus épicée.
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Poser la garniture, remuer une seule fois
Deux bâtonnets de concombre, une demi-rondelle d’orange, une fraise coupée en deux, quelques feuilles de menthe froissées entre les paumes. Un tour de cuillère, pas davantage : un Pimm’s Cup trop agité est plat au bout de trois minutes.
Reste le piège, et il fait rater la recette à beaucoup de monde. Dans une recette anglaise, lemonade ne signifie pas citronnade. Le mot désigne une boisson gazeuse sucrée et transparente, du type limonade française classique. Traduire par « jus de citron allongé d’eau » donne un verre acide et plat, très loin du résultat attendu. C’est l’unique erreur qui sépare un bon Pimm’s Cup d’une déception.
Barley water et champagne
les deux autres boissons du tournoi
Le barley water mérite mieux que l’oubli dans lequel il est tombé. C’est une eau d’orge citronnée, très légèrement sucrée, sans alcool, longtemps posée en bouteille au pied des chaises d’arbitre. Son entrée officielle au tournoi remonte à 1935. Le récit que la marque et le tournoi ont toujours raconté situe la naissance de la boisson dans les vestiaires, où un représentant aurait mélangé ses cristaux d’orge à du jus de citron, du sucre et de l’eau pour les joueurs. Ceux-ci l’ont adoptée, elle est devenue le soft officiel, et le partenariat a duré quatre-vingt-six ans avant de s’interrompre en 2022. Peu de collaborations sportives ont tenu aussi longtemps.
Le principe est simple et tient encore la route aujourd’hui : de l’orge perlé cuit dans l’eau, filtré, additionné de sucre et de jus de citron. On obtient une boisson trouble, douce, légèrement épaisse, qui désaltère mieux qu’une eau plate quand il fait chaud. Rien d’exotique, rien de technique — de l’orge, de l’eau, du citron.
Le champagne occupe l’autre extrémité du décor. Une maison champenoise fournit officiellement le tournoi depuis 1977 — son nom n’est pas cité ici, faute d’utilité pour qui cherche à préparer quelque chose — et les bouteilles s’ouvrent surtout dans les loges et sur les pelouses. C’est la partie la moins spécifique de la tradition : un champagne bien frais servi pendant un match ne demande aucune adaptation particulière, sinon de ne pas le noyer dans un cocktail.
Les volumes qui circulent chaque été — centaines de milliers de verres de Pimm’s, dizaines de tonnes de fraises — varient sensiblement d’une source et d’une année à l’autre. L’ordre de grandeur est spectaculaire, la précision beaucoup moins fiable qu’elle n’en a l’air.
Sans Pimm’s ou sans alcool
les solutions qui tiennent
La bouteille reste difficile à trouver en France : cherchez du côté des apéritifs et liqueurs britanniques plutôt qu’au rayon des spiritueux classiques, où elle n’a pas sa place. Deux solutions de repli, à condition d’être honnête sur ce qu’elles valent.
La base approchante
3 cl de gin, 2 cl de vermouth rouge et un trait de liqueur d’orange, allongés comme un Pimm’s, avec la même garniture. On retrouve la structure — gin, amertume, agrume, sucre modéré — mais pas le profil exact. Un cousin, pas un équivalent.
Le barley water maison
Une poignée d’orge perlé cuite vingt minutes dans un litre d’eau, filtrée, sucrée légèrement à chaud, puis le jus de deux citrons. Servi très frais avec une rondelle de citron et de la menthe.
La version fruitée
Trois volumes de jus de pomme trouble, trois de thé noir infusé froid, un demi-volume de sirop de sureau — à ajuster selon le sirop. Allongez de limonade et gardez toute la garniture.
Servir pendant un match
pichet, verres et fraises à la crème
Le format se prête à la préparation en pichet, ce qui évite de manquer le point décisif en étant au comptoir. Comptez un litre de mélange pour quatre personnes environ, préparé sans glace, la glace restant dans les verres. Le Pimm’s et la garniture peuvent attendre ensemble une heure au réfrigérateur — l’infusion n’en sera que meilleure — mais la limonade se verse au dernier moment.
Préparez la garniture en avance, en tranchant le concombre et les agrumes juste avant de servir pour qu’ils ne se dessèchent pas, et froissez la menthe entre les paumes plutôt que de la hacher : c’est ce geste qui libère les huiles, et une menthe hachée noircit sans rien apporter. Prévoyez une pince si vous servez plusieurs personnes, et un verre haut par convive : la garniture doit tenir debout et se voir.
Reste l’accord qui va de soi sur place : les fraises à la crème. La logique fonctionne parce que la fraise se retrouve dans le verre comme dans l’assiette, et que la crème adoucit ce que la boisson a d’amer. Servez les fraises simplement coupées, à peine sucrées, avec une crème fluide plutôt qu’une chantilly montée ferme — c’est la version anglaise, et c’est aussi la meilleure façon de laisser le fruit parler. Une demi-heure au frais avec une cuillère de sucre suffit à leur faire rendre un peu de jus, ce qui vaut tous les coulis.
Le Pimm’s Cup se boit facilement et reste une boisson alcoolisée. Un match dure longtemps : alternez avec de l’eau, et prévoyez du barley water pour ceux qui ne boivent pas.
À retenir avant de préparer votre pichet
Une part de Pimm’s pour trois parts de limonade gazeuse, beaucoup de glace, et une garniture qu’on laisse infuser : le reste est affaire de patience. Si la bouteille reste introuvable, le gin et le vermouth font un cousin honorable ; si l’alcool n’est pas au programme, l’eau d’orge citronnée est de toute façon la boisson la plus authentiquement liée au tournoi.
Quelle est la boisson officielle de Wimbledon ?
Le Pimm’s Cup, préparé à partir de la liqueur Pimm’s No. 1 Cup allongée de limonade. Un bar dédié est installé sur le site depuis le milieu des années 1970. Historiquement, le tournoi était aussi associé au barley water, servi aux joueurs de 1935 à 2022.
Qu’est-ce que le Pimm’s et quel goût cela a-t-il ?
Une liqueur anglaise à base de gin, aromatisée aux plantes, aux épices et aux fruits, créée en 1840 par James Pimm. Elle titre autour de 25 % vol. et présente un profil douce-amère avec des notes d’agrume et de caramel léger. Elle n’est pas destinée à être bue pure.
Quelle limonade utiliser pour un Pimm’s Cup ?
Une limonade gazeuse peu sucrée, du type limonade française classique. Le mot anglais lemonade désigne cette boisson pétillante, pas une citronnade au jus de citron : c’est l’erreur qui fait rater la recette. Un tonic ou un ginger ale donnent des variantes valables.
Par quoi remplacer le Pimm’s quand on n’en trouve pas ?
Par un mélange approchant : 3 cl de gin, 2 cl de vermouth rouge et un trait de liqueur d’orange, allongés de limonade avec la même garniture. La structure est proche, le profil aromatique ne l’est pas tout à fait — c’est un cousin, pas un équivalent.
Pourquoi met-on du concombre dans cette boisson ?
Pour couper la douceur de la liqueur. Le concombre apporte une fraîcheur végétale plutôt qu’un goût marqué : sans lui, le verre devient nettement plus sucré et perd son équilibre. Il fait partie de la recette au même titre que la menthe.
Que boit-on à Wimbledon sans alcool ?
Le barley water, une eau d’orge citronnée légèrement sucrée. Elle se prépare facilement : de l’orge perlé cuit une vingtaine de minutes dans un litre d’eau, filtré, sucré à chaud, puis additionné du jus de deux citrons et servi très frais.
Le tournoi finit toujours par se jouer sur un point ; le verre, lui, se joue sur une rondelle de concombre et une limonade bien choisie.