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Boissons à Roland-Garros

ce que l’on boit Porte d’Auteuil

Des partenariats datés, une loi française qui rend l’alcool invisible, et un cocktail signature arrivé bien après ceux de Wimbledon et de l’US Open.

Cocktail rosé pétillant servi sur glace, garni d'une rondelle d'agrume séchée, sur fond clair
Réponse rapide

Perrier accompagne Roland-Garros depuis 1978 et se présente comme la « bulle officielle » du tournoi, tandis que Lavazza en est fournisseur officiel jusqu’en 2030. L’alcool, lui, reste presque invisible dans la communication : la loi Evin interdit le parrainage sportif par les marques de boissons alcoolisées en France, même quand Stella Artois et Moët Hennessy sont bel et bien présents sur le site. Le tournoi a désormais son cocktail signature, à base de tonic Schweppes, de rosé de Provence Minuty et de miel récolté Porte d’Auteuil.

  • Homonymie à lever : « Boisson » désigne aussi Loïs Boisson, la joueuse française révélation de l’édition 2025.
  • Le partenariat le plus ancien : Perrier, depuis 1978, présent jusque sur les chaises d’arbitre et les glacières de court.
  • Une invisibilité juridique : la loi Evin explique pourquoi aucun logo de bière ou de champagne n’apparaît sur les supports du tournoi.
  • Un cocktail tardif : là où Wimbledon sert du Pimm’s depuis des décennies, Paris n’a sa création signature que depuis peu.
  • Transposable chez soi : rosé sec, tonic et miel dissous, avec une version sans alcool qui tient debout.

Boisson à Roland-Garros

deux sujets derrière un même mot

La requête renvoie à deux choses qui n’ont rien en commun. D’un côté Loïs Boisson, la joueuse française qui a signé le parcours le plus inattendu de l’édition 2025 et dont le patronyme a saturé les moteurs de recherche pendant quinze jours. De l’autre, ce qui se sert réellement dans les allées du stade — et c’est le sujet de cette page.

Derrière chaque comptoir de la Porte d’Auteuil, il y a un contrat, un statut négocié et parfois une histoire qui remonte à quarante ans. Une loi française vient s’ajouter à l’équation et fausse la lecture habituelle du sponsoring : certaines marques sont partout sur le site, et nulle part sur les affiches.

Perrier, la bulle officielle depuis 1978

C’est le partenariat le plus ancien du tournoi, et de loin. Perrier accompagne Roland-Garros depuis 1978, ce qui en fait l’une des associations les plus durables du sport français. La marque se présente comme la « bulle officielle » de l’événement, formule qui dit bien ce qu’elle est : un statut de partenaire, pas un simple droit d’affichage.

La présence est physique, pas seulement graphique. Les glacières installées en bord de court, les chaises d’arbitre, le mobilier des zones de repos où les joueurs s’assoient au changement de côté portent la marque. C’est cette occupation du terrain, au sens propre, qui a fait entrer la bouteille verte dans l’imaginaire du tournoi au même titre que l’ocre de la terre battue.

Une précision s’impose, parce que la confusion est fréquente : ce que boivent les joueurs sur le court n’a rien à voir avec ce qui se vend au public. Dans leur sac, on trouve de l’eau plate et des boissons de l’effort préparées par leur staff, dosées en sodium et en glucides pour des matchs qui peuvent dépasser quatre heures. Les marques présentes sur le mobilier n’ont pas vocation à finir dans la gourde d’un joueur en plein cinquième set.

Le café, la bière et le champagne

trois régimes de visibilité

Lavazza, le café du tournoi

Le torréfacteur italien est fournisseur officiel de Roland-Garros depuis 2015, sur un engagement qui court jusqu’en 2030. Le genre de contrat long qui ne fait jamais la une, mais qui décide de ce qu’on trouve dans la tasse d’un bout à l’autre du site : même café aux buvettes, dans les espaces presse et dans les zones de réception, sans variation d’un point de vente à l’autre.

La logique est celle d’un tournoi dont les journées commencent en début d’après-midi et se terminent parfois après minuit. Le café y est une boisson de service autant qu’une boisson de plaisir, et son homogénéité fait partie du contrat.

Pourquoi les marques d’alcool restent discrètes

Stella Artois est partenaire du tournoi. Moët Hennessy, la branche vins et spiritueux du groupe LVMH, l’est également côté champagne. Pourtant, ces noms n’apparaissent quasiment jamais dans la communication officielle diffusée en France.

Ce que change la loi Evin

Le texte encadre strictement la publicité pour les boissons alcoolisées et interdit, sur le territoire français, le parrainage d’événements sportifs par ces marques. Une brasserie ou une maison de champagne peut donc servir sur le site sans que son logo figure sur le moindre support du tournoi. L’absence d’une marque dans une brochure ne signifie jamais son absence du stade.

Cela change aussi la manière dont on consomme sur place. L’alcool existe, il reste plutôt cantonné aux zones de restauration et d’hospitalité, et il n’occupe jamais le devant de la scène comme une bière peut le faire dans une enceinte de football britannique. Un spectateur qui traverse le site sans entrer dans ces espaces peut passer une journée entière sans en croiser.

Un cocktail signature, enfin

Longtemps, Roland-Garros a été le seul Grand Chelem sans boisson emblématique. Les trois autres ont chacun la leur, installée par l’usage bien plus que par le marketing, et c’est précisément ce qui manquait à Paris.

TournoiBoisson emblématiqueComposition et ancienneté
WimbledonPimm’s CupLiqueur Pimm’s allongée de limonade, concombre, menthe et fruits. Servie sur le site depuis des décennies, au point d’être associée au tournoi dans l’imaginaire britannique.
US OpenHoney DeuceVodka, limonade, liqueur de framboise et trois billes de melon en garniture. Créé dans les années 2000, devenu un produit dérivé à part entière avec son verre collector.
Open d’AustralieCocktails de saison et bière localePas de recette unique installée : l’offre s’organise autour de producteurs australiens, dans un tournoi disputé en plein été austral.
Roland-GarrosCréation signature SchweppesTonic, rosé de Provence Minuty et miel récolté sur le site. Arrivée récente, avec l’entrée de Schweppes comme fournisseur officiel sur un cycle 2026-2028.

Le détail qui rend la création parisienne intéressante tient au troisième ingrédient. Des ruches sont installées sur le site de la Porte d’Auteuil et le miel qui en est issu, longtemps confidentiel, trouve là son premier usage vraiment visible. Un rosé pâle, un allongé pétillant, une pointe sucrée qui arrondit l’amertume du tonic : la composition est cohérente avec le lieu et avec la saison, sans chercher la prouesse de bar.

Reste la question de l’installation. Une boisson de tournoi ne devient emblématique que lorsque les spectateurs la commandent d’eux-mêmes, année après année, sans y être invités par une affiche. Wimbledon a mis des décennies à y arriver. Il serait étonnant que Paris y parvienne en une édition.

Boire en tribune

ce qui dépend de vous

Le reste ne se joue pas au comptoir. Une session sur un court annexe peut durer cinq ou six heures, sans ombre pendant la moitié de ce temps, à une période de l’année où les après-midi parisiennes tapent déjà fort. C’est cette durée, plus que la température affichée, qui décide de la façon dont on tient jusqu’au dernier match.

L’alcool en plein soleil accélère la déshydratation au lieu de la compenser : un verre se garde volontiers pour la fin de journée, une fois l’ombre revenue sur les gradins.

Quant à la possibilité d’entrer avec sa propre bouteille ou sa gourde, elle dépend du contenant — matière rigide ou souple, capacité, bouteille déjà ouverte ou non — et le règlement d’accès évolue d’une édition à l’autre. C’est typiquement le point à vérifier sur la billetterie officielle dans les jours qui précèdent votre venue, plutôt que de se fier au souvenir d’un forum de l’an dernier.

Refaire l’esprit du tournoi chez soi

Aucune raison d’acheter une marque précise pour retrouver l’idée. Le trio rosé, tonic et miel se transpose sans difficulté, à condition de respecter deux choses : un rosé pâle et sec plutôt qu’un rosé sucré, qui ferait doublon avec le miel, et un miel dissous avant l’assemblage.

  1. Délayer le miel

    Une cuillère à café rase de miel liquide, diluée dans un fond d’eau tiède. C’est le geste qui change tout : versé directement dans un verre froid, le miel tombe au fond et ne se mélange plus jamais.

  2. Remplir de glace

    Un verre généreusement rempli de glaçons, pas deux cubes. Une glace abondante fond lentement et dilue moins qu’une glace insuffisante, contrairement à ce que l’intuition suggère.

  3. Verser le rosé

    Environ deux tiers du volume, en rosé pâle et sec servi très frais. Ajouter le miel délayé et remuer brièvement pour l’incorporer avant le pétillant.

  4. Allonger au tonic

    Le tiers restant, versé en dernier le long de la paroi et sans remuer fort, pour préserver les bulles. Un zeste de citron jaune passé sur le bord du verre suffit à finir.

  5. La version sans alcool

    Remplacer le rosé par une infusion d’hibiscus refroidie, qui apporte l’acidité et la couleur, en gardant tonic et miel dans les mêmes proportions. Le résultat est plus franc en bouche, un peu moins rond, et il se boit toute l’après-midi.

Le dosage du miel est le seul vrai réglage. Une cuillère rase suffit presque toujours : au-delà, la boisson vire au sirop et fatigue dès le deuxième verre. Goûtez avant d’ajouter le tonic, c’est le moment où la correction est encore possible.

À garder en tête

Un cocktail à base de vin reste une boisson alcoolisée, y compris lorsqu’il est allongé et servi glacé — la fraîcheur masque le degré, elle ne l’abaisse pas. La version sans alcool proposée ci-dessus n’est pas un lot de consolation : c’est celle qui permet de suivre une journée entière de tennis sans en payer le prix le soir venu.

Quelle eau est servie à Roland-Garros ?

Perrier est partenaire officiel du tournoi depuis 1978 et se présente comme la « bulle officielle » de Roland-Garros. La marque équipe aussi le bord des courts : glacières, chaises d’arbitre et mobilier des zones de repos des joueurs.

Roland-Garros a-t-il un cocktail officiel comme le Honey Deuce de l’US Open ?

Longtemps non, et c’était une singularité parmi les quatre Grands Chelems. Avec l’arrivée de Schweppes comme fournisseur officiel, le tournoi sert désormais une création signature associant tonic, rosé de Provence Minuty et miel produit sur le site de la Porte d’Auteuil.

Pourquoi ne voit-on jamais de publicité pour l’alcool à Roland-Garros ?

La loi Evin encadre la publicité pour les boissons alcoolisées en France et interdit le parrainage d’événements sportifs par ces marques. Un partenaire comme Stella Artois ou Moët Hennessy peut donc être présent sur place sans apparaître dans la communication officielle du tournoi.

Peut-on entrer avec sa propre bouteille d’eau ?

Cela dépend du contenant et de l’édition : matière, capacité et bouteille déjà ouverte ou non entrent en ligne de compte, et le règlement d’accès est réactualisé chaque année. Le plus sûr est de le consulter sur la billetterie officielle dans les jours qui précèdent votre venue.

Quel rosé choisir pour refaire le cocktail chez soi ?

Un rosé de Provence pâle et sec, servi très frais. Les rosés demi-secs ou aromatisés font double emploi avec le miel et déséquilibrent l’ensemble vers le sucré, ce qui est exactement l’écueil de ce type d’assemblage.

Le plus intéressant, dans tout ça, n’est pas la recette : c’est de constater qu’une loi de santé publique suffit à effacer d’une affiche des marques qui, elles, n’ont jamais quitté le stade.