Main d'un joueur tenant une raquette et une balle de tennis sur un court en terre battue
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Le tennis italien

comment l’Italie est devenue une grande nation du tennis

Un numéro un mondial, une finaliste de Grand Chelem, trois Coupes Davis d’affilée : retour sur l’âge d’or du tennis italien.

Réponse rapide

Le tennis italien vit un âge d’or, porté par Jannik Sinner, premier Italien numéro un mondial de l’ère Open, et par une génération profonde, hommes et femmes confondus. L’Italie a remporté la Coupe Davis trois années de suite, de 2023 à 2025.

  • Jannik Sinner : quatre titres du Grand Chelem, dont Wimbledon 2025.
  • Jasmine Paolini : finaliste à Roland-Garros et à Wimbledon en 2024.
  • Coupe Davis : trois titres consécutifs (2023, 2024, 2025).
  • Une relève large : Musetti, Berrettini, Cobolli, Arnaldi.

En l’espace de quelques saisons, l’Italie est passée du statut d’outsider à celui de puissance majeure du tennis mondial. Un joueur devenu numéro un mondial, une joueuse en finale de deux tournois du Grand Chelem la même année, trois Coupes Davis consécutives : la période que traverse le tennis italien est la plus faste de son histoire. Retour sur cette bascule et sur ce qui l’explique.

Une bascule en quelques saisons

Pendant des décennies, l’Italie a tenu un rôle honorable au tennis sans jamais s’installer durablement au sommet. Quelques joueurs de bon niveau, des éclats isolés, mais rien qui ressemble à une domination collective. La situation a changé très vite. À partir du début des années 2020, plusieurs joueurs italiens se sont hissés dans la hiérarchie mondiale en même temps, donnant au pays une profondeur qu’il n’avait jamais connue.

Ce n’est pas l’histoire d’une seule vedette qui tire tout le reste. C’est la conjonction d’un chef de file exceptionnel et d’un groupe étoffé, capable de gagner par équipes même quand ses meilleurs éléments manquent à l’appel. Cette densité, plus encore que les exploits individuels, est ce qui distingue la période actuelle des précédentes.

Cette dynamique se mesure aussi au-delà des têtes d’affiche : plusieurs joueurs italiens figurent désormais dans le top 100 mondial, et le pays envoie régulièrement des représentants aux deuxièmes semaines des grands tournois. Là où une fédération moyenne se réjouit d’un qualifié, l’Italie en aligne plusieurs, ce qui change la nature même de ses ambitions collectives.

Jannik Sinner, la locomotive

Né en 2001 à Sexten, dans le Haut-Adige germanophone, Jannik Sinner a d’abord été un espoir du ski avant de choisir la raquette à l’adolescence. Ce parcours peu commun a forgé un joueur au tempérament calme et au jeu de fond très propre : une frappe à plat puissante des deux côtés, une prise de balle tôt et une régularité qui use ses adversaires.

Sa progression a été rapide. En 2024, il devient le premier joueur italien à atteindre la place de numéro un mondial à l’ère du classement informatisé, et il y reste durablement installé, avec une longue série de semaines consécutives en tête. Côté titres, il s’impose à l’Open d’Australie en 2024, puis à l’US Open la même année. En 2025, il défend son titre à Melbourne et remporte Wimbledon, devenant le premier Italien à s’imposer en simple sur le gazon londonien. Cette même saison, il atteint les finales des quatre tournois du Grand Chelem, performance que peu de joueurs ont réalisée. Une procédure liée à un contrôle, réglée par une sanction de courte durée au cours de l’année 2025, n’a pas entamé cette dynamique sportive.

Jasmine Paolini et le tennis féminin

L’âge d’or n’est pas qu’une affaire masculine. Jasmine Paolini, née en 1996, a connu une éclosion tardive et spectaculaire. En 2024, à un âge où beaucoup de joueuses ont déjà atteint leur sommet, elle dispute coup sur coup la finale de Roland-Garros puis celle de Wimbledon en simple, et s’installe parmi les meilleures mondiales. Sa joie communicative et son jeu vif lui ont valu une popularité qui dépasse les frontières italiennes.

Paolini brille aussi en double, associée à Sara Errani, avec qui elle décroche notamment la médaille d’or aux Jeux de Paris en 2024. Côté équipe nationale, les Italiennes ont remporté la Billie Jean King Cup, l’équivalent féminin de la Coupe Davis, lors de cette même année 2024. L’Italie a ainsi réussi le rare doublé de remporter les deux grandes compétitions par équipes, masculine et féminine, sur une seule saison.

Une génération, pas deux vedettes

Derrière Sinner et Paolini, le contingent italien est fourni, et c’est cette profondeur qui transforme des succès individuels en domination collective. Là où d’autres nations s’appuient sur un seul leader, l’Italie aligne plusieurs joueurs capables de gagner des matchs au plus haut niveau. Quand l’un manque, un autre prend le relais, comme l’a montré le parcours en Coupe Davis.

Terre battue

Lorenzo Musetti

Doté d’un revers à une main devenu rare sur le circuit, il s’est imposé comme un spécialiste de la terre battue, où son jeu tout en variations fait merveille.

Le puissant

Matteo Berrettini

Finaliste de Wimbledon en 2021, c’est l’un des plus gros serveurs du circuit lorsque les blessures l’épargnent. Un rôle clé dans les succès en Coupe Davis.

La relève

Cobolli & les jeunes

Flavio Cobolli, héros de la finale 2025, forme avec Matteo Arnaldi et Luciano Darderi une relève qui n’a pas fini de monter.

La Coupe Davis retrouvée

La Coupe Davis est le symbole le plus parlant de cet essor. L’Italie l’avait remportée une seule fois, en 1976, lors d’une époque marquée par Adriano Panatta. Il aura fallu attendre près d’un demi-siècle pour revoir le saladier d’argent revenir en Italie.

Le retour s’est fait en force : victoire en 2023, conservée en 2024 face aux Pays-Bas, puis de nouveau en 2025 face à l’Espagne. Trois titres consécutifs, une série qu’aucune nation n’avait réalisée depuis les États-Unis du début des années 1970. Particularité de ce sacre, le titre de 2025 a été obtenu sans Sinner ni Musetti, leurs deux meilleurs joueurs : c’est Flavio Cobolli qui a scellé la victoire dans le match décisif. La preuve, s’il en fallait une, que l’Italie ne dépend pas d’un seul homme.

Le doublé de 2024

En 2024, l’Italie a remporté la même année la Coupe Davis chez les hommes et la Billie Jean King Cup chez les femmes : un doublé que peu de nations ont réussi sur une seule saison.

Pourquoi maintenant ? Les raisons d’un essor

Un tel basculement ne doit rien au hasard. Il résulte d’un travail mené sur le long terme par la fédération italienne, qui a investi dans la formation et le suivi des jeunes joueurs bien avant que les résultats ne suivent. Le pays a aussi multiplié les tournois sur son sol, des petits rendez-vous du circuit secondaire aux épreuves majeures, offrant aux jeunes des occasions de se confronter au haut niveau sans s’expatrier d’emblée.

La culture de la terre battue, terrain exigeant qui forge l’endurance et le sens tactique, a joué son rôle, même si la nouvelle génération s’illustre désormais sur toutes les surfaces. L’accompagnement des joueurs a lui aussi gagné en professionnalisme : staffs étoffés, encadrement physique et mental, suivi médical au long cours. Plusieurs joueurs ont par ailleurs choisi de s’entraîner hors d’Italie, dans des académies réputées, ce qui leur a permis de se frotter tôt à une concurrence internationale.

Enfin, le succès appelle le succès : la présence de modèles nationaux au sommet donne aux jeunes Italiens des repères concrets et l’envie de suivre la même voie. Les chaînes diffusent davantage de tennis, les clubs voient affluer les inscriptions, et la pratique se popularise. Un cercle vertueux s’est enclenché, que les résultats récents ne font qu’alimenter.

Rome et le Foro Italico

Le rendez-vous emblématique du tennis italien reste les Internazionali BNL d’Italia, qui se tiennent à Rome, au Foro Italico, chaque printemps. C’est l’un des grands tournois de la saison sur terre battue, une étape importante dans la préparation de Roland-Garros. Le cadre, entre les pins parasols et les statues de marbre du Foro, contribue à l’aura du tournoi.

L’engouement populaire y est considérable, encore renforcé par les performances des joueurs locaux. Voir des Italiens jouer les premiers rôles à domicile, devant un public acquis, alimente une ferveur qui dépasse le seul cercle des amateurs de tennis et fait du rendez-vous romain un moment fort du calendrier sportif national.

Un héritage

de Panatta à Sinner

Pour mesurer le chemin parcouru, il faut se souvenir d’où vient le tennis italien. Dans les années 1960 et 1970, le pays comptait déjà de grands noms : Nicola Pietrangeli, double vainqueur de Roland-Garros, longtemps recordman des sélections en Coupe Davis, et surtout Adriano Panatta, vainqueur à Roland-Garros en 1976, l’année même du seul sacre italien en Coupe Davis jusqu’à l’ère récente.

Entre ce moment de gloire et le renouveau actuel s’étend une longue traversée du désert, faite de bons joueurs mais sans titre majeur. La génération Sinner s’inscrit donc dans une filiation : elle ne part pas de rien, elle renoue avec un passé glorieux, près de cinquante ans après, et le prolonge à une échelle inédite.

À retenir

L’âge d’or du tennis italien n’est pas un coup de chance, mais le fruit d’un travail de fond et d’une génération exceptionnelle arrivée en même temps. Un numéro un mondial, une finaliste de Grand Chelem, trois Coupes Davis d’affilée : les chiffres disent une domination collective rare. Reste à savoir combien de temps elle durera, mais l’élan, lui, paraît solidement installé.

Qui est le meilleur joueur de tennis italien actuel ?

Jannik Sinner, né en 2001, est devenu en 2024 le premier Italien numéro un mondial de l’ère du classement informatisé. Il compte quatre titres du Grand Chelem, dont Wimbledon en 2025, et figure parmi les tout meilleurs joueurs du monde.

L’Italie a-t-elle gagné la Coupe Davis récemment ?

Oui, et de façon spectaculaire : l’Italie a remporté la Coupe Davis trois années de suite, en 2023, 2024 et 2025. C’est la première nation à réussir une telle série depuis les États-Unis du début des années 1970.

Qui est Jasmine Paolini ?

Joueuse italienne née en 1996, Jasmine Paolini a disputé les finales de Roland-Garros et de Wimbledon en simple en 2024, et s’est installée parmi les meilleures mondiales. Elle brille aussi en double, avec une médaille d’or aux Jeux de Paris 2024 aux côtés de Sara Errani.

Quel est le grand tournoi de tennis en Italie ?

Les Internazionali BNL d’Italia, à Rome, au Foro Italico. Ce tournoi sur terre battue, disputé au printemps, est l’un des grands rendez-vous de la saison et une étape clé avant Roland-Garros.

L’Italie avait-elle déjà brillé au tennis avant ?

Oui. Dans les années 1960 et 1970, Nicola Pietrangeli et Adriano Panatta ont marqué l’histoire du tennis italien. Panatta a remporté Roland-Garros en 1976, année de la première Coupe Davis italienne. L’essor actuel renoue avec cet héritage après une longue éclipse.

D’une génération à l’autre, le tennis italien a retrouvé les sommets, et cette fois à plusieurs. Le prochain chapitre s’écrira sur la terre de Rome comme sur le gazon de Londres, raquette en main.