Plateau de fromages variés avec un bol de miel, du pain aux graines et des noix, sur une planche en bois
Régimes & spécifique · Végétarien & vegan

Vegan ou végétarien

la différence, des étiquettes aux recettes

Sur le papier, trois lignes suffisent. En rayon et devant une recette en anglais, la frontière passe par des ingrédients qu’on ne regarde jamais.

Réponse rapide

Un régime vegan exclut tout produit d’origine animale, miel compris. Un régime végétarien, sauf mention contraire, conserve les œufs et les produits laitiers, ce que l’anglais appelle lacto-ovo vegetarian. La frontière réelle ne passe pas par les grandes catégories d’aliments, mais par des ingrédients discrets.

  • Le miel sépare les deux régimes : accepté par la plupart des végétariens, exclu par les vegans.
  • Gélatine et présure animale excluent un produit pour les deux régimes, et pas seulement pour les vegans.
  • Plant-based ne garantit rien : c’est un positionnement commercial, pas un statut d’exclusion.
  • Les mentions ne se valent pas : une mention libre du fabricant n’équivaut pas à un label privé certifié.

Ce que la question pose exactement

Posée en anglais, la comparaison est plus explicite qu’en français. Un vegan diet exclut tout produit d’origine animale, sans exception : viande, poisson, œufs, produits laitiers, miel. Un vegetarian diet, sauf précision contraire, sous-entend qu’on conserve les œufs et les produits laitiers, et qu’on ne retire que la chair animale. L’anglais dit d’ailleurs lacto-ovo vegetarian quand il veut être précis, ce que le français fait rarement.

La différence tient donc à deux familles d’aliments visibles, les œufs et les laitages, plus le miel. Sur le papier, la frontière est nette et le comparatif tient en trois lignes.

Dans un rayon de supermarché ou devant une carte, elle l’est beaucoup moins. Les ingrédients qui font basculer un produit d’un régime à l’autre sont rarement ceux qu’on regarde : un colorant, une enzyme de coagulation, un auxiliaire de filtration qui ne figure même pas sur l’étiquette.

La taxonomie anglophone, terme par terme

L’anglais a produit plus d’étiquettes que le français, et on les rencontre partout : sur les emballages importés, dans les applications de recettes, sur les menus à l’étranger. Elles ne se recouvrent pas, et surtout elles ne sont pas de même nature. Certaines décrivent ce qu’on ne mange pas, d’autres ce qu’un produit met en avant. C’est la distinction la plus utile à garder en tête pour lire le tableau qui suit.

Terme anglaisCe qui est excluCe que le terme engage
VeganViande, poisson, œufs, laitages, miel, ingrédients et auxiliaires d’origine animaleUne exclusion totale et revendiquée
Lacto-ovo vegetarianViande et poissonL’équivalent du « végétarien » français par défaut
Lacto vegetarianViande, poisson, œufsUne exclusion partielle, laitages conservés
Ovo vegetarianViande, poisson, laitagesUne exclusion partielle, œufs conservés
PescatarianViande seulement, le poisson est conservéUn terme d’usage, pas une forme de végétarisme
FlexitarianRien n’est excluUne réduction volontaire, sans règle fixe
Plant-basedRien n’est garantiUn positionnement, jamais un statut
Whole-food plant-basedLes produits très transformés, animaux comme végétauxUne approche nutritionnelle, centrée sur les aliments bruts

Les ingrédients qui tranchent vraiment

Le miel est le cas d’école, et le seul de cette liste qui sépare les deux régimes. Produit par un animal sans être sa chair, il est accepté par la grande majorité des végétariens et refusé par les vegans, pour qui l’exploitation animale suffit à l’exclure. C’est souvent le premier point de désaccord dans une discussion, et le premier ingrédient à vérifier sur un produit sucré présenté comme végétal.

La gélatine, elle, disqualifie un produit pour les deux régimes, ce qui surprend souvent. D’origine animale par définition, elle circule dans les bonbons, les mousses, certains yaourts, certaines pâtisseries industrielles et de nombreuses gélules. Un produit sans viande n’est donc pas nécessairement végétarien.

La présure pose une question plus subtile, et elle concerne également les deux régimes. Beaucoup de fromages sont coagulés avec une présure d’origine animale, extraite de l’estomac de jeunes ruminants. Un fromage n’est donc pas automatiquement végétarien, alors que tout le monde le suppose. Des présures microbiennes et végétales existent et sont largement employées, mais l’information ne figure pas toujours sur l’emballage.

La cochenille, enfin, est un colorant rouge d’origine animale, identifiable par son numéro E dans une liste d’ingrédients, et exclue pour les deux régimes. Quant aux vins et aux bières, certains sont clarifiés avec des auxiliaires de collage d’origine animale, qui ne sont pas des ingrédients au sens réglementaire et n’apparaissent donc pas sur la bouteille.

Deux régimes ou un seul

Le miel est le seul de ces cas qui distingue végétarien et vegan. Gélatine, présure animale, cochenille et auxiliaires de collage excluent un produit pour les deux. Un aliment sans viande peut donc être refusé par un végétarien, et c’est exactement ce que les comparatifs par grandes catégories ne montrent pas.

Ce que valent les mentions sur un emballage

Contrairement aux allergènes, dont la déclaration est strictement encadrée, les mentions vegan et vegetarian ne font pas l’objet d’une définition harmonisée à l’échelle européenne. Le règlement européen sur l’information des consommateurs prévoyait des règles communes pour ces mentions, mais les textes d’application n’ont jamais été adoptés.

En pratique, deux choses très différentes se ressemblent sur un emballage. D’un côté, une mention libre apposée par le fabricant, qui engage sa responsabilité au titre de l’interdiction générale de tromper le consommateur, mais qui ne repose sur aucun cahier des charges public. De l’autre, un label privé délivré par une association, avec ses critères propres, un audit du site de production et un droit d’usage renouvelable. Le second est nettement plus solide, notamment parce qu’il examine les auxiliaires de fabrication, invisibles dans la liste d’ingrédients.

Reste la question des traces. La mention may contain milk, ou « peut contenir des traces de lait », relève de la prévention du risque allergique et non de la composition. Un produit qui la porte peut très bien être formulé sans produit laitier : cette mention est décisive en cas d’allergie, elle ne l’est pas pour un choix de régime.

Les deux niveaux de mention

Une mention libre engage le fabricant, sans référentiel public : elle vaut mieux que rien, et elle se vérifie en lisant la liste d’ingrédients. Un label privé ajoute un cahier des charges, un contrôle du site de production et l’examen des auxiliaires de fabrication. C’est le seul niveau qui couvre ce qui n’apparaît pas sur l’étiquette.

Le piège du mot plant-based

Plant-based est le terme le plus employé sur les emballages, et le plus ambigu. Il n’a aucune définition réglementaire, ne correspond à aucun statut, et signale simplement qu’un produit met en avant des ingrédients végétaux. Un aliment étiqueté ainsi peut contenir des produits laitiers, et souvent en contient.

Le mot recouvre par ailleurs deux réalités opposées. Dans le vocabulaire des industriels, il désigne des produits transformés qui imitent des aliments carnés. Dans le vocabulaire nutritionnel anglophone, notamment sous la forme whole-food plant-based, il désigne l’inverse : une alimentation d’aliments bruts, peu transformés, majoritairement végétale.

Devant un rayon, la distinction se résume à ceci : plant-based décrit une orientation, vegan décrit une exclusion. Seul le second se vérifie sur une liste d’ingrédients.

Cuisiner à partir d’une recette en anglais

Les recettes anglophones sont une bonne raison de connaître ce vocabulaire, et elles emploient quelques ingrédients sans équivalent direct dans une cuisine française. Aucun n’est difficile à trouver ou à fabriquer, à condition de savoir dans quelle fonction il intervient : lier, faire monter, apporter du goût ou remplacer une matière grasse.

Pour lier

Flax egg

Une cuillère à soupe de graines de lin moulues mélangée à trois cuillères à soupe d’eau, laissée reposer une dizaine de minutes : le mélange prend en gel et remplace un œuf dans son rôle de liant. Il fonctionne dans les cookies, les muffins et les galettes de légumes, mais il ne fait pas monter une préparation.

Pour faire monter

Aquafaba

C’est simplement le jus de cuisson des pois chiches en conserve, que l’on jetait jusqu’ici. Il monte en neige comme un blanc d’œuf et sert aux mousses, aux meringues et aux mayonnaises végétales. Comptez environ deux cuillères à soupe pour un blanc d’œuf, trois pour un œuf entier.

Pour le goût

Nutritional yeast

Vendue en France sous le nom de levure maltée ou levure alimentaire, en paillettes. Elle apporte un goût fromagé et beaucoup d’umami, et remplace le parmesan râpé sur des pâtes ou dans une sauce. À ne pas confondre avec la levure de boulanger, qui n’a ni le même goût ni le même usage.

Pour la matière grasse

Vegan butter

Une margarine végétale ferme fait l’affaire, à condition de lire l’étiquette : beaucoup de margarines contiennent du lactosérum ou du lait écrémé. Choisissez-en une riche en matière grasse pour la pâtisserie, les versions allégées contenant plus d’eau et faisant s’affaisser les pâtes.

Un point de vigilance propre au régime vegan

La vitamine B12 est absente des aliments d’origine végétale : sa supplémentation concerne l’exclusion totale des produits animaux, et non le végétarisme conservant œufs et produits laitiers. Avant d’adopter durablement un régime vegan, et particulièrement en cas de grossesse ou chez l’enfant, l’avis d’un médecin ou d’un diététicien reste le bon réflexe.

Un végétarien peut-il manger du miel ?

Dans la très grande majorité des cas, oui : le végétarisme exclut la chair animale, pas les produits issus des animaux. Le véganisme, lui, l’exclut, parce qu’il refuse l’exploitation animale et pas seulement l’abattage. C’est d’ailleurs le premier ingrédient à vérifier sur un produit sucré présenté comme végétal.

Plant-based veut-il dire vegan ?

Non, et c’est la confusion la plus fréquente. Plant-based n’a aucune définition réglementaire : le terme signale qu’un produit met en avant des ingrédients végétaux, sans garantir l’absence de produits laitiers ou d’œufs. Vegan décrit une exclusion, plant-based décrit une orientation. Seule la première se vérifie sur une liste d’ingrédients.

Tous les fromages sont-ils végétariens ?

Non. Beaucoup sont coagulés avec une présure d’origine animale, extraite de l’estomac de jeunes ruminants. Des présures microbiennes ou végétales existent et sont largement employées, mais l’information ne figure pas systématiquement sur l’emballage. Les fromages portant une mention ou un label végétarien sont les seuls sur lesquels on peut compter sans vérifier.

La mention vegan sur un emballage est-elle contrôlée ?

Pas au sens d’une définition réglementaire harmonisée : le droit alimentaire européen n’a jamais adopté les textes d’application qui devaient encadrer les mentions vegan et vegetarian. Une mention libre engage le fabricant au titre de l’interdiction de tromper le consommateur ; un label privé délivré par une association repose, lui, sur un cahier des charges et un audit.

Que signifie « may contain milk » sur un produit végétal ?

Cette mention relève de la prévention du risque allergique, pas de la composition. Elle signale que le produit a pu être en contact avec du lait sur une ligne de production, sans qu’il en contienne comme ingrédient. Elle est décisive en cas d’allergie, elle ne l’est pas pour un choix de régime.

Une fois qu’on sait où regarder, la lecture d’une étiquette prend dix secondes et la question ne se repose plus. C’est à peu près tout ce que ces deux mots demandent d’apprendre.